Pallade Veneta - Moderna toujours en discussion pour implanter une usine en France, affirme son patron

Moderna toujours en discussion pour implanter une usine en France, affirme son patron


Moderna toujours en discussion pour implanter une usine en France, affirme son patron
Moderna toujours en discussion pour implanter une usine en France, affirme son patron / Photo: Joseph Prezioso - AFP/Archives

Une usine Moderna en France? Le projet d'implantation est toujours en discussion, indique Stéphane Bancel, le dirigeant du laboratoire américain à l'origine de l'un des premiers vaccins à ARN messager contre le Covid-19, lors d'un entretien à l'AFP.

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"Il y a des discussions régulières au plus haut niveau de l'Etat, y compris il y a quelques jours. Je sais qu'il y a un désir fort du président de la République", dit le quinquagénaire. "Comme toujours, il faut qu'on se mette d'accord (...), nous n'en sommes pas encore là, mais je pense qu'on fait des progrès. On continue à parler: c'est bon signe", sourit-il.

Ce serait un retour aux sources pour le patron de la biotech, Marseillais d'origine ayant émigré aux Etats-Unis il y a des années, après un passage chez le géant français du diagnostic BioMérieux, à Lyon.

Le sujet d'une implantation dans l'Hexagone n'est pas anodin. La France n'a en effet, malgré son histoire scientifique, pas développé de vaccin contre le Covid-19 avant juin 2022, lorsque la biotech Valneva a obtenu le feu vert de l'Union européenne. Le sérum du géant français Sanofi, n'a lui, obtenu l'autorisation européenne que jeudi, près de deux ans après ceux de Moderna et du tandem Pfizer-BioNTech.

Au-delà du cas particulier de la France, le PDG de Moderna juge essentiel de construire des usines dans plusieurs régions du monde. Il vient de poser la première pierre d'un site de production au Canada. D'autres vont voir le jour en Australie, en Angleterre et au Kenya.

Car la pandémie a mis sur le devant de la scène les questions d'inégalité d'accès aux vaccins et aux traitements, les pays riches étant les premiers servis.

Face à cela, Moderna s'est engagé à ne pas opposer ses brevets pendant la pandémie. La société a toutefois récemment lancé une procédure contre Pfizer-BioNTech pour violation de ses brevets.

S'il concède que certains grands scientifiques, dans l'histoire de la médecine, ont refusé de déposer des brevets, "il s'agissait de chercheurs qui venaient du monde académique. Ce n'est pas envisageable pour une société privée. Moderna a dû lever trois milliards de dollars de fonds pour créer la plateforme qui était prête lorsque le virus est arrivé", défend-il.

- Le tournant du cancer -

L'ingénieur de formation estime que l'inégalité vaccinale a d'autres origines que les brevets, la volonté des grandes puissances de garder les vaccins.

"L'administration Biden nous a interdit d'exporter nos vaccins durant la première partie de 2021, y compris au Canada". Dès lors, "nous voulons avoir des sites dans plusieurs régions du monde, pour ne pas répéter ce qui s'est passé durant la pandémie, car je suis convaincu qu'on aura d'autres pandémies".

Avec son usine au Kenya, Moderna dit vouloir proposer des vaccins au coût de revient, mais aussi des molécules adaptées aux énormes besoins du continent africain. "Il y a des dizaines de virus respiratoires, de virus tropicaux, dont aucune des grosses entreprises de la pharma ne s'occupe", explique Stéphane Bancel: "Je pense que l'industrie a regardé de l'autre côté depuis des années pour des raisons purement économiques".

Aujourd'hui, la biotech aux 4.000 employés a quasiment 50 programmes en développement, et dispose d'une trésorerie de 17 milliards de dollars.

La baisse prévue des ventes de vaccins contre le Covid n'empêche donc pas son patron de dormir, assure-t-il. D'autant qu'il s'est lancé à l'assaut d'une autre montagne, la lutte contre le cancer grâce à l'ARN messager, dans l'immuno-oncologie.

Moderna réalise notamment un essai clinique avec l'américain MSD face au cancer de la peau. Traiter les cancers grâce à l'ARN, "ce serait un bond extraordinaire", espère le scientifique. De premiers résultats sont attendus d'ici à la fin de l'année.

A.dCosmo--PV

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