Pallade Veneta - Roland-Garros: Jodar, un autre Rafa veut se faire un nom à Paris

Roland-Garros: Jodar, un autre Rafa veut se faire un nom à Paris


Roland-Garros: Jodar, un autre Rafa veut se faire un nom à Paris
Roland-Garros: Jodar, un autre Rafa veut se faire un nom à Paris / Photo: Thomas SAMSON - AFP/Archives

Nadal est retraité, Alcaraz forfait, mais l'Espagne sera bien représentée en quart de finale à Roland-Garros: à 19 ans, Rafael Jodar s'y est invité au son des "Vamos Rafa", sur la terre de ses illustres modèles.

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Son aventure a pourtant failli s'arrêter dimanche. Mais, mené deux sets à rien par un autre compatriote, Pablo Carreno (89e), le jeune Madrilène a puisé dans ses ressources, dont l'on ignore encore à quel point elles sont épuisables, pour triompher en cinq manches (4-6, 4-6, 6-1, 6-2, 6-2).

En se qualifiant pour un quart de prestige face au 3e mondial Alexander Zverev mardi, dès sa première participation à Roland-Garros, Jodar a déjà réalisé un exploit.

Depuis le début du XXIe siècle, ils n'étaient que cinq à avoir accompli pareille prouesse pour leurs débuts parisiens: Juan Carlos Ferrero (2000), Martin Verkerk (2003), Rafael Nadal (2005), Jannik Sinner (2020) et Holger Rune (2022).

Le monde du tennis n'a pas vraiment eu le temps de voir Jodar venir. Début 2025, il était 896e mondial, naviguant dans l'anonymat des circuits secondaires. Aujourd'hui, il est virtuellement 22e mondial et personne n'a décroché plus de victoires que lui cette saison sur terre battue (19).

- Premier titre -

Jodar a remporté son premier match en Grand Chelem à l'Open d'Australie (éliminé au 2e tour) en janvier et atteint le 3e tour du Masters 1000 de Miami.

Mais c'est sur terre battue qu'il explose véritablement: il obtient son tout premier titre sur le circuit principal en avril à Marrakech, avant d'enchaîner avec une demie à Barcelone puis deux quarts aux Masters 1000 de Madrid et Rome.

Il est le sixième Espagnol à remporter un tournoi de l'ATP avant ses 20 ans après Carlos Moya, Juan Carlos Ferrero, Tommy Robredo, Nadal et Alcaraz. Une liste pour le moins flatteuse... Jodar accepte d'ailleurs la filiation nationale, même s'il "essaie de développer (son) propre style".

"Quand j'étais plus jeune, mon modèle c'était Rafael Nadal, puis, ces dernières années avant de passer professionnel, je dirais sans doute Carlos Alcaraz", a-t-il expliqué après sa victoire en cinq sets contre Alex Michelsen au 3e tour. "Mais, comme je l'ai dit, j'essaie de suivre ma propre voie et de m'épanouir avec mon propre état d'esprit".

Grand (1,91 m) et longiligne (70 kg), son langage corporel sur le court est bien différent d'un Nadal. Pourtant, les "Vamos Rafa!" qui descendent des tribunes rappellent l'époque où le Majorquin régnait en maître sur la porte d'Auteuil.

Face à l'expérience de Carreno, ancien 10e mondial, le défi s'annonçait piégeux sur le Suzanne-Lenglen. Pris à la gorge par la longueur de balle et le revers foudroyant de son aîné, Jodar a d'abord semblé sans solution.

- "Il pourra rivaliser avec Sinner et Alcaraz" -

"J'ai essayé de ne pas précipiter mes coups et de limiter les fautes directes. C'était la clé des deux premiers sets, alors j'ai tenté de corriger cela", a-t-il expliqué. Grâce à cette lucidité tactique et, aussi, à une baisse de régime physique de Carreno, 34 ans, Jodar a renversé la table.

"Il pourra très bientôt rivaliser avec Jannik (Sinner) et Carlos (Alcaraz). Il est évident qu'il a les capacités d'atteindre ce niveau. Il est très jeune et il a encore une grande marge de progression", a prédit Carreno.

Jodar a déjà croisé le fer avec Sinner, qui l'a encensé après l'avoir battu en quart à Madrid: "C'est déjà un joueur très solide, il a montré qu'il joue un tennis de très haute qualité".

Accompagné comme toujours de ses proches, dont son père, qui est aussi son entraîneur et son préparateur physique, le Madrilène devrait découvrir mardi le court Philippe-Chatrier. En quête de son premier Grand Chelem à 29 ans, Zverev n'y défiera pas seulement un "jeune joueur incroyablement talentueux", comme il l'a décrit, mais aussi les échos d'un prénom qui, à Paris plus qu'ailleurs, refuse de mourir.

M.Romero--PV

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