24 Heures du Mans: Cadillac et BMW veulent renverser Ferrari et Toyota
La légende britannique du cyclisme Mark Cavendish donnera samedi après-midi le départ de la course d'endurance automobile la plus renommée de la planète, les 24 Heures du Mans, où les ambitieuses Cadillac et BMW veulent détrôner les championnes depuis une décennie, Ferrari et Toyota.
A 16H00 tapantes (14H00 GMT), devant des centaines de milliers de spectateurs massés sous le soleil autour du circuit de la Sarthe de plus de 13,6 kilomètres, le sprinteur aux 35 victoires sur le Tour de France abaissera le drapeau à damiers pour 62 bolides à quatre roues, dont 18 "Hypercars", qui s'affronteront jusqu'à dimanche 16H00.
Pour sa 94e édition, le rendez-vous phare du sport automobile international en France oppose 14 constructeurs mondiaux et 186 pilotes répartis par équipage de trois, loin des duels des stars multimillionnaires de la Formule 1.
Cette 3e manche du Championnat du monde d'endurance (WEC), qui connaît avec la catégorie "Hypercar" un véritable "âge d'or" selon ces promoteurs, devrait voir les très rapides Cadillac, marque du mastodonte américain General Motors, contester la suprématie des Ferrari italiennes et des Toyota japonaises qui se partagent depuis 2018 les couronnes du Championnat du monde et du Mans.
- BMW regonflée -
Mais c'est une BMW à moteur hybride qui partira en pole position sur la grille, grâce à une sanction infligée à une Cadillac partie trop vite des stands lors des qualifications jeudi soir.
L'écurie allemande se sent ainsi regonflée par cette "pole fantastique", sur la lancée de son doublé BMW à l'épreuve des Six Heures de Spa-Francorchamps (Belgique) en mai et sa première place au classement mondial provisoire des constructeurs.
Toyota, qui avait gagné en avril les Six Heures d'Imola (Italie), est deuxième au championnat, devant Ferrari.
Même si le milieu de l'endurance répète comme un slogan que "c'est Le Mans qui choisit toujours son vainqueur" et qu'il est rarement celui en pole position, BMW aura l'avantage psychologique d'un départ en tête pour deux tours de cadran.
La course est très longue, imprévisible, rythmée par les incidents, les abandons et porte à son paroxysme la résistance des pilotes et des machines.
De plus, le règlement technique de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) est terriblement complexe, et critiqué, car il impose un resserrement ou rééquilibrage des performances entre les voitures par l'ajustement de paramètres sur les moteurs et l'aérodynamique, en fonction des résultats des courses précédentes.
- "Douche froide" pour Peugeot -
Ainsi, parties en première et neuvième positions à Spa, les deux Peugeot n'ont pas fait mieux que 16e et 18e sur la grille de départ au Mans.
Une "douche froide", a taclé devant quelques journalistes le directeur général du constructeur automobile français, Alain Favey.
L'autre écurie tricolore, Alpine Endurance, filiale de Renault, baissera le rideau à la fin de la saison, mais son directeur, l'ingénieur français Philippe Sinault, entend aller jusqu'au bout et vise un "bon résultat" dimanche.
Le Mans 2026 fait écho au Mans 1966, édition historique portée à l'écran dans un film du même nom avec Matt Damon et Christian Bale qui raconte le duel entre Ford et Ferrari il y a tout juste 60 ans.
Le géant américain avait alors renversé le petit constructeur italien et remporté quatre fois Le Mans (1966-1969).
Si Cadillac bat Ferrari dimanche, ce sera seulement le deuxième exploit d'une voiture américaine dans la catégorie reine des prototypes "Hypercars" (anciennement "LMP1"), des monstres de 700 chevaux bourrés de technologies et censés servir de laboratoires pour les véhicules de grande série.
Mais la marque italienne au Cheval cabré, tout comme le premier groupe automobile mondial Toyota, sont parfois soupçonnés par leurs concurrents de cacher leur jeu en qualification pour surprendre en course.
L'un des pilotes français de Peugeot, Loïc Duval, champion du monde d'endurance et vainqueur au Mans en 2013 avec Audi, a ainsi dit à quelques journalistes que les bolides italiens et japonais remonteraient le peloton au cours des 24 heures et que Cadillac aurait du mal à tenir le rythme.
F.M.Ferrentino--PV