Ligue 1: l'immense frayeur de l'OM face au Havre
C'est ce qui s'appelle friser la catastrophe: ultra-dominateur face au Havre, l'OM a mené 4-0 dimanche avant une fin de match complètement ratée, qui a permis aux Normands de revenir à 4-3 et d'être à deux doigts de priver les Marseillais d'un troisième succès d'affilée.
Mais comment l'OM, plus fort, globalement séduisant et en maîtrise des évènements pendant les trois quarts du match, a-t-il fait pour vivre une telle frayeur, et l'infliger à ses supporters, alors qu'il avait quatre buts d'avance à 15 minutes de la fin ?
Peut-être parce que Bruno Genesio a sorti plusieurs joueurs cadres et performants, comme Himad Abdelli, Pierre-Emile Hojbjerg, Amine Harit ou Amine Gouiri et que les entrants se sont noyés. Sans doute aussi parce que côté Havrais, les remplaçants Sota Naakamura ou Josh Maja ont au contraire fait merveille.
L'international nigérian a inscrit un doublé (77e s.p. et 89e), alors que Mouhamed Lamine Ndiaye a aussi marqué de la tête (86e). L'OM alors ne menait plus que 4-3, ses joueurs faisaient à peu près n'importe quoi et c'était la grande trouille au Vélodrome.
Chaque ballon qui s'approchait de la surface de Jeffrey De Lange semait une invraisemblable panique et le public s'est figé, totalement, quand un ballon touché de la main dans sa surface par Tochukwu Nnadi a mis Marseille sous la menace d'un nouveau penalty et d'un 4-4 qui aurait été assez désolant après avoir à ce point maîtrisé les débats.
Mais face à son écran-vidéo, Clément Turpin a décidé que le geste n'était pas sanctionnable. Le Vélodrome a soufflé un grand coup, l'OM a encore souffert quelques minutes et continué à balancer les ballons n'importe-où, puis la délivrance est venue.
Marseille a gagné, donc, et ce troisième succès consécutif en L1 fait du bien au classement. Avant de recevoir Toulouse dimanche prochain, l'OM, ancien relégable, est en effet 8e, à deux points seulement des places européennes.
- Weah en capitaine -
Un calendrier plus doux lui a permis de remonter la pente après avoir été secoué et battu par des équipes solides (Monaco, PFC, Rennes, Paris SG), mais la rocambolesque fin de match de dimanche confirme la fragilité de l'équipage de Genesio.
Longtemps pourtant, les Marseillais ont géré dimanche. Ils se sont notamment rendu la vie facile en ne tardant pas à matérialiser leur supériorité sur les Normands, toujours derniers du classement.
Dès la 5e minute, CJ Egan-Riley a en effet ouvert le score de la tête sur un très bon centre d'Emerson (1-0), avant plusieurs bonnes occasions signées Abdelli (20e), qui a retrouvé des jambes, ou Hojbjerg, qui aurait pu faire mieux en position favorable (22e).
Entre-temps, Le Havre a eu une situation dangereuse, via Djibril Ouziad (21e), mais c'est à peu près tout ce que les joueurs de Didier Digard ont proposé.
Dominateurs, les Marseillais ont logiquement doublé la mise par Timothy Weah, buteur au bout d'une longue course au milieu d'une défense havraise bien trop passive (2-0, 33e).
Le capitaine marseillais, qui avait mal vécu la série de défaites de son équipe, a été fêter ça rageusement au pied du Virage Sud, le seul ouvert dimanche, celui d'en face étant vide sur décision de la commission de discipline.
Derrière, les Marseillais ont déroulé, avec un troisième but signé Igor Paixao sur su bon débordement de Gouiri (50e) puis un quatrième, mérité, inscrit par Abdelli (55e). Rien, alors, ne laissait imaginer l'écroulement qui a suivi.
L'OM a certes sauvé l'essentiel, les trois points, mais Genesio devra vraiment faire le tri entre ce que son équipe a maîtrisé et ces 20 minutes où elle a failli tout balancer par dessus bord.
I.Saccomanno--PV