Pallade Veneta - Afrique du Sud: Lee Berger, chasseur de fossiles controversé

Afrique du Sud: Lee Berger, chasseur de fossiles controversé


Afrique du Sud: Lee Berger, chasseur de fossiles controversé
Afrique du Sud: Lee Berger, chasseur de fossiles controversé / Photo: Luca Sola - AFP

Chapeau d'Indiana Jones ou combinaison d'astronaute, il collectionne les découvertes révolutionnaires et controversées sur les origines de l'homme: l'explorateur et scientifique américain installé en Afrique du Sud, Lee Berger, compte autant d'admirateurs que d'ennemis dans le petit monde de la paléontologie.

Taille du texte:

Il a annoncé lundi avoir la preuve qu'entre 200.000 et 300.000 ans avant notre ère, une espèce dotée d'un cerveau de la taille de celui d'un chimpanzé, Homo naledi, enterrait ses morts et gravait des symboles sur les parois des tombes. Soit les traces d'inhumations les plus anciennes jamais retrouvées à ce jour.

"Homo naledi nous dit que nous ne sommes pas si extraordinaires", explique-t-il à l'AFP, perché sur un gros caillou à la sortie d'une grotte du très riche site paléontologique du "Berceau de l'humanité" près de Johannesburg, son terrain de jeu, classé patrimoine de l'Unesco.

"On risque de ne pas s'en remettre", lance-t-il hilare, avec un fort accent américain et un léger cheveu sur la langue.

Les pratiques mortuaires et le symbolisme ont jusque-là été considérés comme l'apanage de l'homme et de ses ancêtres directs dotés de gros cerveaux.

Le scientifique risque-t-il, avec sa dernière trouvaille, d'être à nouveau taxé de froisser l'histoire de l'humanité dans une course effrénée pour la gloire?

Dans le monde de la paléontologie, qui n'est pas épargné par les batailles d'ego, l'Américain naturalisé sud-africain a souvent été accusé de brûler les étapes, annoncer des révolutions avant d'avoir tout à fait daté les fossiles, bousculant la sacro-sainte rigueur scientifique quand d'autres consolident pendant 20 ou 30 ans une hypothèse avant d'avancer une théorie.

- "Pierre de Rosette" -

"Lee Berger est une personnalité particulière", euphémise le paléoanthropologue français Bruno Maureille. "Peut-être va-t-il un peu trop vite relativement au temps long que nécessite la compréhension de ce type de contexte".

"Il y a toujours une tentation, un désir de dire +Regardez, j'ai trouvé quelque chose d'incroyable, quelque chose de vraiment remarquable et je vais le dire au monde entier+", glisse Dominic Stratford, un géo-anthropologue qui mène également des fouilles sur le site sud-africain.

Gigotant et exalté, l'Américain au regard clair et aux cheveux blancs hausse les épaules: "Certains diront que ce ne sont pas des tombes, qu'ils le disent. Mais ce sont des tombes", affirme-t-il avec un large sourire, convaincu d'avoir déterré une nouvelle "pierre de Rosette".

Le gamin du fin fond de la Géorgie, au sud des Etats-Unis, élève distrait et gagné par l'ennui, était pourtant plutôt promis à une tranquille carrière de médecin, avocat ou pasteur: "C'était l'étendue des possibles pour les gamins assez doués", raconte celui qui rêvait enfant de voler dans l'espace et arbore une montre Mickey.

Il voyage finalement sous terre, depuis la lecture d'un livre intitulé "Lucy", du nom de l'australopithèque emblématique découvert en 1974 en Éthiopie.

Après des débuts en Afrique de l'Est, où il s'entend dire qu'"il n'y a plus rien à trouver", il parie sur l'Afrique du Sud. La fin de l'apartheid ouvre de nouveaux horizons.

En 2013, il découvre le gisement de fossiles d'hominidés le plus riche du continent et le monde fait la connaissance d'Homo naledi (étoile). Un coup de fil fiévreux au milieu de la nuit au National Geographic et il décroche le jackpot dans un milieu académique où d'autres bataillent pour les financements.

Les fouilles sont documentées en direct sur les réseaux sociaux, il met ses données en libre accès sur internet et les fossiles à disposition de qui voudrait les étudier. Pas vraiment du goût des conclavistes de la matière.

Les journalistes sont convoqués, des ossements miniatures vendus dans les boutiques de souvenir, un documentaire sur l'expédition est nommé aux Emmys.

Un "cirque médiatique" éloigné de la science pure, selon ses détracteurs, qui considèrent que le chasseur de fossiles devenu star "a vendu son âme au diable".

O.Pileggi--PV

En vedette

PostgreSQL 19 retardé après une vague de rapports de bugs générés par l’IA

Comment innover quand il faut colmater les brèches ? Depuis une dizaine d’années, PostgreSQL, l’un des systèmes de gestion de base de données open source les plus utilisés au monde, publie sa nouvelle version majeure entre la mi-septembre et la mi-octobre.

Singles Day 2026 : les premières promotions apparaissent avant le 11 novembre

Le Singles Day, ou « Double 11 », porte de moins en moins bien son nom. Historiquement associé au 11 novembre, le « Black Friday chinois » s’étale cette année du 1er au 18 novembre sur AliExpress.

Le SR-71 Blackbird de la NASA va-t-il redevenir volant ?

Les rumeurs d'un retour en vol du légendaire SR-71 Blackbird s'intensifient depuis que l'appareil numéro 844 a été retiré de son socle au centre Armstrong de la NASA. Interrogé sur le sujet, l'administrateur Jared Isaacman a confirmé que l'avion est nettoyé, alimentant les spéculations sur un possible réactivation pour tester des technologies hypersoniques.

Charles III va parler au Commonwealth avec "franchise" du passé esclavagiste du Royaume-Uni

Charles III abordera avec "franchise" les "aspects honteux" de l'histoire du Royaume-Uni quand il s'adressera la semaine prochaine aux dirigeants du Commonwealth, a indiqué samedi le palais de Buckingham, au moment où le rôle du pays dans la traite transatlantique des esclaves fait l'objet d'un regain d'attention.

Taille du texte: