Pallade Veneta - Un rapport recommande de revoir la place du CNRS dans la recherche française

Un rapport recommande de revoir la place du CNRS dans la recherche française


Un rapport recommande de revoir la place du CNRS dans la recherche française
Un rapport recommande de revoir la place du CNRS dans la recherche française / Photo: LIONEL BONAVENTURE - AFP/Archives

Un rapport recommande lundi de revoir la place du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans sa relation avec les universités, tout en renforçant sa viabilité financière pour mieux retenir les meilleurs chercheurs.

Taille du texte:

Le rapport, commandé par le Hcéres (Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur), est le fruit d'un comité d'évaluation de seize experts de dix nationalités.

Il qualifie l'établissement public, créé en 1939 d'"institution de recherche majeure et de niveau mondial". Et lui reconnait volontiers un rôle de "leader en Europe" par sa réputation, sa taille (avec l'équivalent de 31.000 employés), et son envergure via dix Instituts scientifiques couvrant tous les domaines de la science (mathématiques, physique, biologie, sciences sociales etc.).

Pour autant, le comité présidé par Martin Vetterli, président de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, recommande de revoir sa gouvernance.

Il juge que son conseil d'administration "ne joue pas vraiment un rôle stratégique", avec de nombreuses décisions "manifestement déterminées à l'avance" et prises sans transparence.

Le comité recommande l'installation d'un "conseil consultatif externe indépendant" pour les orientations scientifiques, incluant une "forte proportion de membres étrangers". Il souhaite également que le CNRS revoit son rôle vis-à-vis des universités.

- "Difficile à comprendre" -

Le CNRS est constitué d'un millier d'unités de recherche presque toujours partagées --au sein d'unités mixtes de recherche (UMR)-- avec des universités, des grandes écoles et d'autres établissements.

Ce mécanisme des UMR, "situation unique" dans le monde, "ne favorise pas l'agilité", alors même que sont apparues des universités "intensives en recherche", remarque le rapport. Qui plaide pour laisser à ces dernières "le leadership sur des sujets spécifiques".

Le rapport défend aussi une plus grande autonomie des UMR, en renforçant le rôle des directeurs sur la recherche de leur unité, notamment dans l'allocation des ressources. Le processus actuel d'allocation de ces ressources, via les instituts du CNRS, est "très difficile à comprendre", selon le rapport.

Plusieurs difficultés pèsent sur l'objectif assumé d'"attirer, soutenir et retenir les meilleurs talents", et notamment les jeunes chercheurs.

Le rapport pointe une "détérioration continue des niveaux de rémunération". Et plus généralement un "manque de viabilité financière" du budget du CNRS.

Ce budget, de 3,7 milliards en 2021, est abondé aux trois-quarts par des subventions.

Jugé insuffisant par le rapport, il devrait être un "sujet majeur" des discussions du CNRS avec son organisme de tutelle, le ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur. Ce dernier devrait notamment apporter une plus grande visibilité au CNRS sur l'évolution attendue de sa subvention.

- "Fardeau bureaucratique" -

Le comité s'est aussi penché sur le sujet des ressources humaines, évoquant des "sujets stratégiques" pour ce qui constitue la "première richesse" du CNRS.

Il pointe du doigt l'absence d'un "plan structuré de développement des talents et d'accompagnement des carrières", et même de formation obligatoire sur les compétences liées aux ressources humaines.

Dans ce domaine, il recommande le développement d'une culture du mentorat pour les jeunes chercheurs. Et mentionne en passant le "défi du traitement des personnels peu performants".

Autre défi, celui d'inciter les chercheurs et ingénieurs du CNRS travaillant dans des UMR à contribuer à l'enseignement dans les établissements qui les accueillent.

Le rapport se fait aussi l'écho d'un véritable "fardeau bureaucratique", avec des procédures administratives "d'une complexité croissante et parfois même absurde", qui constituent autant d'obstacles à l'activité de recherche. Les taches administratives peuvent absorber jusqu'à 50% du temps des jeunes chercheurs, selon plusieurs témoignages recueillis par le comité d'évaluation.

Le comité du Hcéres a mené son évaluation avec une mission dans différents instituts du CNRS, après réception d'un rapport d'auto-évaluation de l'organisme.

Le Hcéres est une autorité publique indépendante, créée en 2013.

R.Lagomarsino--PV

En vedette

PostgreSQL 19 retardé après une vague de rapports de bugs générés par l’IA

Comment innover quand il faut colmater les brèches ? Depuis une dizaine d’années, PostgreSQL, l’un des systèmes de gestion de base de données open source les plus utilisés au monde, publie sa nouvelle version majeure entre la mi-septembre et la mi-octobre.

Singles Day 2026 : les premières promotions apparaissent avant le 11 novembre

Le Singles Day, ou « Double 11 », porte de moins en moins bien son nom. Historiquement associé au 11 novembre, le « Black Friday chinois » s’étale cette année du 1er au 18 novembre sur AliExpress.

Le SR-71 Blackbird de la NASA va-t-il redevenir volant ?

Les rumeurs d'un retour en vol du légendaire SR-71 Blackbird s'intensifient depuis que l'appareil numéro 844 a été retiré de son socle au centre Armstrong de la NASA. Interrogé sur le sujet, l'administrateur Jared Isaacman a confirmé que l'avion est nettoyé, alimentant les spéculations sur un possible réactivation pour tester des technologies hypersoniques.

Charles III va parler au Commonwealth avec "franchise" du passé esclavagiste du Royaume-Uni

Charles III abordera avec "franchise" les "aspects honteux" de l'histoire du Royaume-Uni quand il s'adressera la semaine prochaine aux dirigeants du Commonwealth, a indiqué samedi le palais de Buckingham, au moment où le rôle du pays dans la traite transatlantique des esclaves fait l'objet d'un regain d'attention.

Taille du texte: