Pallade Veneta - Au sommet sur l'IA à Paris, deux visions du monde s'affrontent autour de la régulation

Au sommet sur l'IA à Paris, deux visions du monde s'affrontent autour de la régulation


Au sommet sur l'IA à Paris, deux visions du monde s'affrontent autour de la régulation

Le sommet de Paris sur l'intelligence artificielle a vu s'affronter mardi deux visions du monde, les Etats-Unis appelant à limiter la régulation pour "ne pas tuer une industrie en plein essor" qu'ils dominent et ne signant pas l'appel sur une IA "ouverte", "inclusive" et "éthique".

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A la clôture du sommet à la mi-journée, 58 pays, dont la Chine, la France et l'Inde (les deux co-organisateurs), ainsi que l'Union européenne et la Commission de l'Union africaine, se sont prononcés pour une coordination renforcée de la gouvernance de l'IA nécessitant un "dialogue mondial" et ont appelé à éviter "une concentration du marché" afin que cette technologie soit plus accessible.

 

Le gouvernement britannique a fait savoir qu'il ne souhaitait adhérer "qu'à des initiatives qui sont dans l'intérêt national du Royaume-Uni".

Ce grand raout mêlant pendant deux jours dirigeants politiques et patrons de la "tech" dans l'enceinte du Grand Palais a été marqué mardi par le discours très offensif du vice-président américain J.D. Vance, dont c'est le premier déplacement à l'international depuis la prise de fonction de Donald Trump fin janvier et l'annonce de "Stargate", un plan d'investissements dans l'IA américaine à hauteur de 500 milliards de dollars.

- "Pas à vendre" -

A rebours d'une Europe voulant aller plus vite tout en définissant un cadre à l'essor de l'IA, il a souhaité faire "tous les efforts possibles pour encourager les politiques pro-croissance" en la matière.

"Les Etats-Unis sont les leaders dans l'IA et notre administration entend qu'ils le restent", a-t-il souligné, quelques heures après la publication d'informations sur une offre non sollicitée d'Elon Musk, l'homme le plus riche du monde et membre de l'administration Trump, sur la start-up OpenAI, à l'origine de ChatGPT.

Selon le Wall Street Journal, le milliardaire (qui dispose déjà de sa propre start-up d'IA générative, xAI, lancée en 2023) veut, avec un groupe d'investisseurs, racheter l'organisation à but non lucratif qui contrôle OpenAI pour 97,4 milliards de dollars.

L'entreprise "n'est pas à vendre", a rétorqué mardi Chris Lehane, vice-président en charge des affaires publiques, de passage à Paris pour un événement "business" pour les entreprises de la "tech" à Station F, l'incubateur de start-up fondé par le milliardaire français Xavier Niel.

M. Macron doit aller à la rencontre des entrepreneurs sur place dans l'après-midi.

Avant de quitter la nef du Grand Palais pour déjeuner à l'Elysée, J.D. Vance a également mis en garde contre les partenariats avec les "régimes autoritaires", dans une référence à peine voilée à la Chine.

"S'associer avec eux (ces régimes, NDLR) revient à enchaîner votre nation à un maître autoritaire qui cherche à infiltrer, s'installer et s'emparer de votre infrastructure d'information".

- "Opportunité ratée" -

En réponse aux ambitions américaines, Emmanuel Macron a insisté sur le "besoin de règles" et d'un "cadre de confiance" pour accompagner le développement de l'IA.

 

Pour le Premier ministre indien Narendra Modi, qui co-présidait le sommet IA et va accueillir le prochain, le défi est de ne pas laisser "le sud global", dont son pays et ses 1,4 milliard d'habitants, à la traine d'une révolution technologique en plein boom.

Mais pour Dario Amodei, patron de la start-up américaine Anthropic, ce sommet s'apparente à une "opportunité ratée".

"Il est nécessaire de se concentrer davantage" sur les enjeux démocratiques de l'IA, ainsi que les risques liés à la sécurité et à l'emploi que fait peser cette technologie, a-t-il souligné .

Alors que l'Union européenne tente d'avancer ses pions dans cette course à l'IA, elle a dévoilé mardi un plan d'investissements de 200 milliards d'euros, dont 150 milliards venant de grands groupes.

Il s'agit du "plus grand partenariat public-privé dans le monde pour le développement d'une IA fiable", au sein de l'alliance "EU AI Champions Initiative" qui regroupe plus de 60 entreprises, a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Le "leadership mondial est toujours à saisir", a-t-elle estimé.

I.Saccomanno--PV

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