Pallade Veneta - Océans: l'Ifremer s'interroge quant au financement américain du programme Argo

Océans: l'Ifremer s'interroge quant au financement américain du programme Argo


Océans: l'Ifremer s'interroge quant au financement américain du programme Argo
Océans: l'Ifremer s'interroge quant au financement américain du programme Argo / Photo: Sebastien SALOM-GOMIS - AFP/Archives

Le PDG de l'Ifremer s'est interrogé mercredi quant à l'avenir du programme international d'observation des océans Argo, financé à 56% par les États-Unis, appelant à un "effort financier européen" pour pallier une "éventuelle déficience" américaine.

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Lancé au début des années 2000, le réseau 4.000 flotteurs Argo dérivant sur toutes les mers du globe, plongeant jusqu'à 2.000 mètres de profondeur, permet de mesurer la température et la salinité en temps quasi réel.

Les données issues des flotteurs permettent de surveiller et comprendre le fonctionnement de l'océan, de ses écosystèmes et son rôle sur le climat, qu'il s'agisse du stockage de chaleur ou de la montée du niveau de la mer.

"C'est le thermomètre de l'océan, c'est ça qui prend le pouls de l'océan", a résumé à l'AFP François Houllier, PDG de l'Ifremer, institut qui coordonne un des trois centres mondiaux du réseau Argo.

"Les États-Unis vont-ils continuer de financer Argo à la hauteur antérieure ? Sinon, à quelle hauteur vont-ils le faire ?", s'est-il interrogé, après les licenciements massifs au sein de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA).

"Ces flotteurs ont une durée de vie de 5 ans. Ça veut dire que tous les 6 mois, il y en a 10% qui deviennent obsolètes et qu'il faut les renouveler. Dans 6 mois, la question qui se pose, c'est comment allons-nous renouveler tous ensemble ces flotteurs à l'échelle mondiale?", a-t-il ajouté.

Troisième contributeur après les États-Unis (56%) et l'Australie (7,5%), la France opère 6,9% des 4.137 flotteurs Argo, dont le coût total est estimé à 40 millions de dollars par an (36,7 millions d'euros).

"S'il y a une nécessité d'adaptation et qu'on veut pallier une éventuelle déficience de nos collègues américains, il faut mettre des efforts financiers. C'est plutôt à l'échelle de l'Europe que ce genre de choses-là devrait être fait", a plaidé M. Houllier.

M. Houllier a également fait part d'inquiétudes "sur les flux de données", aujourd'hui en du programme Argo, même si "pour l'instant, à ma connaissance, il n'y a pas de flux de données qui a été altéré."

Sans ces flotteurs, "on se prive de regarder la réalité, et donc c'est la négation de la science elle-même", a-t-il ajouté.

Les données d'Argo sont citées dans plus de 6.000 publications scientifiques et 500 thèses de doctorat, selon le site internet du programme.

G.Riotto--PV

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