Pallade Veneta - Au-delà de Pluton, un monde mystérieux semble doté d'une atmosphère

Au-delà de Pluton, un monde mystérieux semble doté d'une atmosphère


Au-delà de Pluton, un monde mystérieux semble doté d'une atmosphère
Au-delà de Pluton, un monde mystérieux semble doté d'une atmosphère / Photo: Handout - National Astronomical Observatory of Japan/Ko Arimatsu/AFP

Des astronomes japonais ont détecté des signes d'une atmosphère sur un minuscule corps glacé au-delà de Pluton, ce que les scientifiques pensaient impossible pour des objets aux confins de notre Système solaire, selon une étude lundi.

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Si cette découverte était confirmée, ce corps rocheux d'environ 500 kilomètres de diamètre deviendrait seulement le second objet au-delà de Neptune, la huitième et dernière planète du Système solaire, à posséder une atmosphère.

Pour le moment, le seul connu était Pluton. Classée comme planète après sa découverte par un astronome américain en 1930, Pluton a été rétrogradée au rang de planète naine par l'Union astronomique internationale en 2006, en partie parce que les scientifiques ont observé beaucoup d'objets similaires dans cette lointaine région appelée ceinture de Kuiper.

Sous la présidence de Donald Trump, la Nasa a évoqué l'idée de redonner à Pluton son statut de planète. Toutefois, la découverte d'une autre atmosphère à proximité pourrait enlever un argument aux partisans de sa réintégration.

Le corps glacé en question, qui porte le nom de (612533) 2002 XV93, est situé à 40 fois la distance Soleil-Terre, soit à environ 6 milliards de kilomètres de notre astre.

Ces objet sombres ne peuvent être observés que lorsqu'ils passent devant une étoile lointaine. Lors d'un de ces passages, en janvier 2024, des chercheurs japonais épaulés par un astronome amateur ont constaté que la lumière de l'étoile ne réapparaissait pas immédiatement, suggérant qu'une fine atmosphère filtrait une partie du rayonnement.

D'après leurs estimations publiées dans Nature Astronomy, (612533) 2002 XV93 aurait une atmosphère cinq à dix millions de fois plus ténue que celle de la Terre.

"C'est important car, jusqu'à présent, Pluton était le seul objet transneptunien pour lequel la présence d'une atmosphère avait été confirmée", a expliqué à l'AFP le principal auteur de l'étude, Ko Arimatsu de l'Observatoire d'astronomie du Japon.

On pensait jusqu'ici que des mondes aussi petits ne pouvaient pas héberger une atmosphère.

"Cette découverte remet en question l'idée généralement admise selon laquelle les petits mondes glacés du Système solaire externe sont pour la plupart inactifs et immuables", poursuit-il.

- Volcans de glace ou comète ? -

Les chercheurs ne sont pas sûrs de ce qui a pu créer cette atmosphère, bien trop fine pour permettre l'émergence de la vie.

Mais ils suggèrent qu'elle pourrait provenir de gaz expulsés depuis l'intérieur du monde par des volcans de glace en éruption.

Elle pourrait également être issue de l'impact d'une comète à sa surface, auquel cas elle disparaîtrait progressivement.

Jose-Luis Ortiz, un astronome espagnol spécialiste des planètes naines au-delà de Neptune qui n'a pas participé à l'étude, a jugé ces résultats intéressants mais a appelé à les prendre avec prudence.

"Je doute toujours qu'il y ait une atmosphère. Nous avons besoin de davantage de données", a-t-il déclaré à l'AFP. Selon lui, une autre explication pourrait être la présence d'un anneau autour du corps glacé.

Ko Arimatsu a reconnu qu'il ne pouvait exclure "des alternatives exotiques" à la présence d'une atmosphère. Mais, "un anneau presque vu par la tranche ne semble pas compatible avec les principales caractéristiques de nos observations ", estime-t-il.

Les astronomes appellent à de nouvelles observations - notamment grâce au télescope spatial James Webb - pour en apprendre plus sur ce monde étrange.

La semaine dernière, l'administrateur de la Nasa Jared Isaacman a suggéré que l'agence spatiale américaine pourrait réintégrer Pluton - la seule à avoir été découverte aux États-Unis - dans la famille des planètes du Système solaire.

Des déclarations faites tout en soutenant la proposition de l'administration Trump de réduire de moitié le budget scientifique de la Nasa, ce qui a provoqué la colère de certains scientifiques.

"C'est ahurissant de vouloir +rendre à Pluton sa grandeur de planète+ tout en décimant les carrières de ceux d'entre nous qui l'étudient", s'est insurgée la planétologue Adeene Denton sur le réseau BlueSky.

D.Bruno--PV

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