Pallade Veneta - Crue dans l'Himalaya : ailleurs est-ce possible?

Crue dans l'Himalaya : ailleurs est-ce possible?


Crue dans l'Himalaya : ailleurs est-ce possible?
Crue dans l'Himalaya : ailleurs est-ce possible? / Photo: PRAKASH MATHEMA, PRAKASH MATHEMA - AFP

Après la dévastation entrainée par l'effondrement d'un pan de glacier dans une vallée de l'Himalaya, peut-on craindre des phénomènes comparables ailleurs dans le monde? Les scientifiques interrogés par l'AFP expliquent les risques, sur fond de changement climatique.

Taille du texte:

Encore un risque dans l'Himalaya ?

Le Népal a alerté vendredi des risques de rupture d'une vaste retenue d'eau formée sur le territoire chinois du Tibet, suite à l'effondrement il y a deux jours d'une partie d'un glacier, ayant tué au moins 579 personnes et tandis que près de 2.000 personnes sont portées disparues.

"Dès qu'on enlève un morceau de montagne, il y en a probablement un autre juste à côté qui a été déstabilisé par ce retrait. On pourrait donc assister à un effondrement similaire", craint Simon Cox, chercheur principal à l'institut de recherche GNS Science, en Nouvelle-Zélande, interrogé par l'AFP.

"Il se peut très bien que d'autres matériaux s'effondrent directement depuis la zone d'origine, et que la même chose se reproduise immédiatement", a-t-il ajouté.

D'après l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la crue a été causée par l'effondrement d'un glacier, d'une violence telle qu'il a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 et a causé de nombreux glissements de terrain.

Cela peut-il se produire ailleurs ?

"On ne peut pas l'écarter", explique à l'AFP Etienne Berthier, glaciologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), interrogé par l'AFP sur le risque de survenue d'un phénomène comparable ailleurs.

"Ils prennent ces proportions en Himalaya parce que les reliefs sont tels, et la montagne très active tectoniquement, que cela amplifie (...) la probabilité que de tels phénomènes se produisent avec une telle ampleur", détaille-t-il.

D'autres régions peuvent avoir des glaciers aussi "dynamiques" selon lui, à l'instar de l'Alaska, mais "cela se produit dans des régions complètement inhabitées".

"Au cours de la dernière décennie environ, nous avons constaté une augmentation spectaculaire du nombre de flux extrêmement dangereux comme celui-ci à l'échelle mondiale", relève Tristram Hales, professeur spécialisé dans les risques environnementaux à l'université de Cardiff, citant des événements dans l'Himalaya et en Suisse.

Plus probables que le décrochement d'un pan entier de montagne, on peut craindre des éboulements et des glissements de terrain, qui peuvent être provoqués par des séismes ou la fonte du permafrost (sol gelé qui agit en temps normal comme un ciment maintenant la pierre), accélérée par le changement climatique, alertent les scientifiques.

Ces risques sont plus élevés pour les populations quand l'urbanisation, les constructions de routes ou de complexes touristiques se trouvent à proximité.

Dans les Alpes, l'été caniculaire a été marqué par un record d'éboulements, parfois mortels, dont une large majorité est imputable à la crise climatique, a dit à l'AFP Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS, interrogé il y a quelques jours.

En Suisse, la commune de Randa de quelque 400 habitants, craint l'effondrement d'un glacier dans les jours à venir et a instauré des périmètres de sécurité après la survenue de plusieurs éboulements, rapporte la presse nationale.

Peut-on le prévoir ?

Concernant la catastrophe survenue dans l'Himalaya, "la prévisibilité est très faible", affirme Etienne Berthier, précisant que les mouvements rocheux devront être analysés pour voir si des fragilités étaient visibles dans les semaines ou les mois précédents.

Les risques peuvent en revanche être plus visibles en cas de formation de lacs glaciaires, qui peuvent se vidanger brutalement, un phénomène appelé "GLOF" ("Glacial Lake Outburst Flood").

Dans les Alpes, "on est assez équipés, on surveille ces lacs et on voit s'il y a des risques de débordement et de vidange", assure Bernard Francou, ancien glaciologue et directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), aujourd'hui à la retraite, interrogé par l'AFP.

Quel lien avec le changement climatique ?

Il convient d'être très prudent avant de relier cette catastrophe au changement climatique, préviennent plusieurs scientifiques interrogés par l'AFP, même si certains experts font d'ores et déjà un lien.

"Il est encore trop tôt pour déterminer quel rôle (le réchauffement) a joué dans cet événement précis", estime aussi le Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD), un centre intergouvernemental basé à Katmandou, dans un document publié sur son site internet.

Une enquête scientifique approfondie, appelée "étude d'attribution", permettra de faire ou non le lien avec le phénomène.

A.Graziadei--PV

En vedette

Microsoft va donner priorité à ses puces pour faire tourner son IA

Microsoft a annoncé lundi son intention de donner priorité à ses propres puces pour faire tourner ses services d'intelligence artificielle (IA), une évolution similaire à celle de ses concurrents Amazon et Google.

L'IA qui prédit l'avenir, de quoi attirer la finance, les entreprises et les gouvernements

L'intelligence artificielle (IA) peut désormais prévoir l'évolution de la Bourse, la réouverture du détroit d'Ormuz ou le classement d'une chanson de Shakira aussi bien que les meilleurs spécialistes et bientôt mieux, un marché que cherchent à développer plusieurs start-up.

De retour sur la Terre ferme, l'astronaute Sophie Adenot est passée par "toutes les émotions"

L'astronaute française Sophie Adenot a confié samedi à Cologne, en Allemagne, être passée par "toutes les émotions humaines" pendant ses huit mois dans l'espace, une expérience aussi éprouvante physiquement depuis son retour sur Terre, a-t-elle dit lors de sa première apparition publique.

De retour sur la Terre ferme, l'astronaute Sophie Adenot passe par "toutes les émotions"

L'astronaute française Sophie Adenot a confié samedi à Cologne, en Allemagne, être passée par "toutes les émotions humaines" pendant ses huit mois dans l'espace, une expérience aussi éprouvante physiquement depuis son retour sur Terre, a-t-elle dit lors de sa première apparition publique.

Taille du texte: