Pallade Veneta - Au Brésil, le procès Bolsonaro entre dans sa phase décisive

Au Brésil, le procès Bolsonaro entre dans sa phase décisive


Au Brésil, le procès Bolsonaro entre dans sa phase décisive
Au Brésil, le procès Bolsonaro entre dans sa phase décisive / Photo: Sergio Lima - AFP

Le procès historique contre Jair Bolsonaro est entré jeudi dans sa phase décisive: les deux derniers juges doivent décider si l'ex-président brésilien d'extrême droite, soutenu par le dirigeant américain Donald Trump, doit être condamné pour tentative de coup d'Etat.

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Avec un score de 2 à 1, il manque seulement une voix à la Cour suprême pour former la majorité requise pour condamner l'ancien chef de l’État (2019-2022), qui à 70 ans risque jusqu'à 43 ans de prison.

Accusé d'avoir été le chef d'une "organisation criminelle" ayant conspiré pour assurer son "maintien autoritaire au pouvoir" malgré sa défaite face au président actuel de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, lors de l'élection de 2022, Jair Bolsonaro clame son innocence.

Seule femme de la Cour suprême, la juge Carmen Lucia a pris la parole jeudi après-midi pour livrer l'argumentation de son vote. "La loi doit être appliquée de la même façon pour tous", a-t-elle dit en soulignant l'importance du procès pour le Brésil.

Son collègue Cristiano Zanin, ancien avocat de Lula, votera en dernier. Le jugement et une éventuelle peine sont attendus dans la foulée, ou vendredi.

Un journaliste de l'AFP a pu l'apercevoir jeudi matin dans son jardin, vêtu d'un polo vert et d'un pantalon sombre, en compagnie d'un proche.

- "Réparation historique" -

Le procès divise fortement une opinion ultra-polarisée, y compris dans la capitale.

Pour Germano Cavalcante, ingénieur civil de 60 ans, "ce procès n'est pas juste". "Il est plus politique que judiciaire", estime-t-il.

A l'inverse, Ana Karla Oliveira, 21 ans, analyste système, se dit "absolument ravie". "Je vais fêter cette condamnation", promet-elle, y voyant une "réparation historique".

L'affaire Bolsonaro est aussi à l'origine d'une crise sans précédent entre la première puissance d'Amérique latine et les États-Unis.

Dénonçant une "chasse aux sorcières" contre son allié d'extrême droite, le président américain Donald Trump a imposé une surtaxe punitive de 50% sur une part importante des exportations brésiliennes.

Washington a également annulé les visas de plusieurs juges de la Cour suprême brésilienne et infligé des sanctions financières à l'un d'entre eux, Alexandre de Moraes, rapporteur du procès Bolsonaro.

- Amnistie -

Le juge Moraes a été le premier à voter mardi pour la condamnation de l'ex-président, affirmant que le Brésil avait "failli redevenir une dictature" lors du supposé putsch manqué.

M. Bolsonaro est jugé avec sept anciens proches collaborateurs, dont plusieurs ex-ministres et généraux.

C'est la première fois qu'un ancien chef de l’État doit répondre de telles accusations, dans un pays encore hanté par le souvenir de la dictature militaire (1964-1985).

Ex-ministre de la Justice de Lula, Flavio Dino a lui aussi voté pour une condamnation, estimant que les infractions jugées "ne sont pas susceptibles d'amnistie".

Le message n'est pas passé inaperçu. Le courant conservateur tente en effet de faire approuver au Parlement une loi d'amnistie au bénéfice de son leader.

Avec déjà en tête de possibles recours contre une condamnation attendue, le camp de l'ancien chef de l’État a célébré mercredi le vote du troisième magistrat, Luiz Fux.

Développant une démonstration de plus de 11 heures, ce dernier a jusque-là été le seul à voter pour la relaxe de M. Bolsonaro. Il a démonté le dossier, dénoncé un manque de preuves et estimé que le complot évoqué n'a jamais dépassé la "phase préparatoire".

Le vote du juge Fux "n'affectera pas le résultat final, mais il influencera l'histoire", escompte le député bolsonariste Luiz Lima.

L.Bufalini--PV

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