Pallade Veneta - Les manifestants propalestiniens font définitivement dérailler la Vuelta

Les manifestants propalestiniens font définitivement dérailler la Vuelta


Les manifestants propalestiniens font définitivement dérailler la Vuelta
Les manifestants propalestiniens font définitivement dérailler la Vuelta / Photo: Thomas COEX - AFP

Soudain, les barrières tombent, et un flot de manifestants pénètrent sur Gran Via, en plein coeur de Madrid: brandissant drapeaux et pancartes fustigeant le "génocide sioniste" à Gaza, des milliers de manifestants propalestiniens viennent de signer dimanche la fin prématurée du Tour d'Espagne cycliste.

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Peu après 18H00 (16H00 GMT), alors que de nombreux manifestants bordent le parcours, trois ou quatre d'entre eux enlèvent une barrière et pénètrent sur cette avenue touristique, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des policiers, déployés en nombre après les incidents qui ont perturbé la Vuelta depuis son arrivée en Espagne en raison de la participation de l'équipe Israel-Premier Tech, s'approchent, mais bientôt toutes les barrières sont renversées sur plusieurs mètres, et une marée de personnes envahit la chaussée.

Après un léger mouvement de panique, l'ambiance se calme, et la foule, dans laquelle se trouvent des familles avec pour certaines de jeunes enfants en poussette, ou des personnes âgées, défile tranquillement, encadrée par des policiers qui n'interviennent pas.

Dans le même temps, des scènes similaires se répètent dans d'autres points de la ville. Près de la gare d'Atocha, les policiers répliquent dans un premier temps plus fermement, en chargeant et en lançant quelques grenades lacrymogènes, avant finalement, de laisser les manifestants défiler aux cris de "Boycott Israël", "Ce n'est pas une guerre, c'est un génocide!" ou "Halte aux morts d'enfants innocents!".

- Renforts exceptionnels -

A une cinquantaine de kilomètres, les coureurs, eux, mettent pied à terre. Quelques instants plus tard, la direction de la course annonce son arrêt définitif, épilogue d'une compétition qui aura été marquée quasi quotidiennement par des manifestations et des incidents.

Dans le coeur de Madrid, les policiers ont empêché tout accès à la zone où devaient notamment avoir lieu les cérémonies protocolaires. Quelques incidents y ont éclaté toutefois en début de soirée, et les forces de l'ordre usent à nouveau de gaz lacrymogènes.

Des renforts exceptionnels avaient été déployés dimanche - à un niveau jamais vu dans la ville depuis un sommet de l'Otan en 2022 selon les autorités - et des blindés avaient même été prépositionnés à certains carrefours en cas d'incidents graves.

"La Vuelta, c'est une excuse pour venir montrer notre soutien" aux Palestiniens, a expliqué à l'AFP, avant l'irruption sur le parcours, Rosa Mostaza Rodriguez, une enseignant de 54 ans, robe rouge et foulard vert sur la tête.

"Ils vont en finir avec le peuple palestinien, et c'est quelque chose que les peuples occidentaux, les peuples qui sont censément développés ne peuvent pas admettre. (...) Ca me fait mal, très mal".

Elle salue la possibilité de manifester en Espagne : "En général, en comparaison de ce que je vois ou j'entends d'autres pays européens, c'est vrai que le droit de manifester continue à prévaloir ici. Espérons que ça dure".

Lui aussi habillé aux couleurs de la Palestine, en chemise rouge et short vert, Pruden Saugar Lopez, un pompier de 60 ans, se réjouit lui aussi de pouvoir manifester. "Ici, on peut encore, même si, dans toute l'Europe, nous sommes menacés par les fascistes, par l'extrême droite".

- "Admiration" -

Depuis son arrivée sur le territoire espagnol, la course a été le théâtre de manifestations propalestiniennes qui ont fortement perturbé les coureurs, dont certains ont chuté lors d'incidents, et entraîné la modification de plusieurs étapes.

Dans un pays où la cause palestinienne est très populaire, ces manifestations ont en outre lieu en période de grande tension entre le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez et celui de Benjamin Netanyahu, après notamment l'annonce récente par le Premier ministre espagnol de mesures destinées à "mettre un terme au génocide à Gaza".

Dimanche, avant les incidents de l'après-midi, Pedro Sanchez a dit son "admiration" pour les manifestants, tout en rappelant son "respect" des sportifs - dans la droite ligne de plusieurs membres de son gouvernement, dont la porte-parole et ministre des Sports Pilar Alegria, qui a même suggéré de réserver aux sportifs israéliens le même traitement qu'aux Russes après l'invasion de l'Ukraine.

Longtemps plutôt discrète sur le sujet, l'opposition de droite a finalement de son côté multiplié les attaques ces derniers jours, ciblant tout particulièrement le gouvernement.

Le chef du Parti populaire (PP, opposition de droite), Alberto Nunez Feijoo a fustigé dimanche sur X "une honte internationale relayée dans le monde entier", due, selon lui, au gouvernement socialiste qui a "non seulement permis, mais aussi encouragé l’interruption de La Vuelta".

L.Bufalini--PV

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