Pallade Veneta - Le Sénat américain approuve 70 milliards de dollars pour la police de l'immigration

Le Sénat américain approuve 70 milliards de dollars pour la police de l'immigration


Le Sénat américain approuve 70 milliards de dollars pour la police de l'immigration

Le Sénat américain a approuvé vendredi un texte budgétaire de près de 70 milliards de dollars pour la lutte contre l'immigration, après un marathon législatif qui a mis en exergue le malaise croissant de plusieurs sénateurs républicains face à certains projets de Donald Trump.

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Le projet de loi, adopté avec 52 voix pour et 47 contre, arrive au bout de plusieurs mois de polémiques autour des pratiques de la police de l'immigration (ICE) et de la police aux frontières (CBP).

Les démocrates demandaient d'importantes réformes pour ces deux agences, depuis la mort à Minneapolis en janvier de Renee Good et d'Alex Pretti, deux Américains tués par des agents fédéraux en marge de manifestations contre les opérations de l'ICE dans cette ville du nord des Etats-Unis.

L'opposition des élus démocrates avait même mené le ministère de la Sécurité intérieure à une paralysie budgétaire record de plus de 70 jours, entre février et mars.

Le texte approuvé par les sénateurs prévoit près de 70 milliards de dollars sur trois ans pour financer l'ICE et la CBP, sans ces réformes demandées par l'opposition.

Il doit désormais être adopté par la Chambre des représentants --probablement la semaine prochaine-- avant promulgation par Donald Trump.

- Malaise -

Si le financement de la lutte contre l'immigration fait globalement consensus à droite, l'adoption au Sénat ne s'est pas fait sans remous.

Une série d'amendements, proposés à tour de rôle par les démocrates et par certains républicains, ont vu plusieurs sénateurs de la majorité aller à rebours des exigences de Donald Trump.

Six sénateurs républicains ont ainsi voté pour un amendement destiné à interdire d'utiliser des fonds publics pour construire une salle de bal à la Maison Blanche, ardemment souhaitée par Donald Trump.

L'amendement a échoué à récolter les 60 voix nécessaires mais a mis en exergue le malaise de certains élus à droite devant ce projet luxueux.

Autre sujet de discorde, le fonds "anti-instrumentalisation" de près d'1,8 milliard de dollars censé dédommager des individus que le gouvernement présente comme des victimes du système judiciaire. L'opposition démocrate l'a dénoncé comme une "caisse noire" pouvant notamment bénéficier aux partisans de Donald Trump qui ont pris d'assaut le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.

Plusieurs élus républicains ont aussi exprimé leur rejet de cette initiative.

Face à cette résistance interne, le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, avait annoncé mardi renoncer à ce projet.

- Dissensions croissantes -

Mais les opposants voulaient que cet abandon soit gravé dans le marbre. Plusieurs amendements en ce sens ont été soumis au vote lors du marathon législatif de jeudi, dont plusieurs par des républicains.

Les défections dans le camp présidentiel sont venues souligner les dissensions croissantes face aux projets de Donald Trump.

De l'autre côté du Capitole, à la Chambre des représentants, les députés ont aussi adopté jeudi une proposition de loi prévoyant de nouvelles sanctions importantes contre la Russie et un paquet de 8 milliards de dollars d'aide militaire à l'Ukraine - au moment où le gouvernement Trump a largement abandonné le soutien à Kiev organisé par le démocrate Joe Biden. Le texte se dirige à présent vers le Sénat.

Avec ces différents votes à rebours de ses volontés, le président va de revers en revers au Congrès ces derniers temps.

Mercredi déjà, la Chambre avait approuvé une résolution pour ordonner la fin de la guerre contre l'Iran - un texte à la portée avant tout symbolique - grâce aux voix de quatre députés républicains.

Et le Sénat pourrait en faire de même dans les prochains jours.

Donald Trump a qualifié jeudi ce vote d'"antipatriotique", affirmant qu'il menaçait les discussions en cours avec Téhéran.

S.Urciuoli--PV

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