Pallade Veneta - La France veut accélérer dans l'IA, à commencer par les services de l'Etat

La France veut accélérer dans l'IA, à commencer par les services de l'Etat


La France veut accélérer dans l'IA, à commencer par les services de l'Etat
La France veut accélérer dans l'IA, à commencer par les services de l'Etat / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Désireux de "construire une véritable autonomie stratégique", le gouvernement accélère dans l'intelligence artificielle : Sébastien lecornu a annoncé mardi 655 millions d'euros d'investissements supplémentaires et le début d'une généralisation de son usage par les services de l'Etat.

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Avec l'IA, "notre responsabilité est simple: faire en sorte que cette révolution profite aux Français", "protège notre souveraineté" et "renforce nos services publics", résume le Premier ministre dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, à la veille de l'ouverture à Paris du salon VivaTech, plus grand événement européen dédié aux nouvelles technologies.

L'IA, les robots et la souveraineté numérique face aux géants technologiques américains et chinois seront au centre de la 10e édition du salon, qui se tient de mercredi à samedi.

Après le "temps des expérimentations", "le temps de la généralisation commence", "parce qu’on ne peut pas se reposer sur les outils développés par des puissances étrangères" et que "les données de l'État sont notre richesse et doivent rester protégées", fait valoir M. Lecornu.

Le programme public d'investissements dans l'innovation France 2030 consacrera "655 millions d'euros supplémentaires" au développement de l'IA, qui iront "soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles", détaille-t-il.

- DGSI rompt avec Palantir -

Par ailleurs, Sébastien Lecornu a annoncé que le renseignement intérieur français (DGSI) avait décidé de rompre avec le géant américain de l'analyse de données Palantir, dont le cofondateur Peter Thiel est proche du président américain Donald Trump. La DGSI a finalement "retenu" la société française ChapsVision.

"Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique", a-t-il justifié, désireux de "construire une véritable autonomie" pour ne "pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables (...) de couper le robinet d'accès" à l'IA.

L'administration Trump a ordonné la semaine dernière à la start-up américaine d’intelligence artificielle Anthropic de suspendre à "tout ressortissant étranger" l’accès à ses deux modèles les plus puissants, Claude Fable 5 et Mythos 5, invoquant la "sécurité nationale".

Une injonction qui a fait réagir plusieurs candidats déclarés ou potentiels à la présidentielle en France. Ils ont alerté contre une "guerre de l'IA" et le besoin d'indépendance face aux États-Unis.

Pour inciter l'Etat français à recourir à l'IA, en espérant faire en même temps des économies, M. Lecornu prévient que la "capacité" des ministères à utiliser l'IA "sera désormais prise en compte dans les arbitrages budgétaires" pour 2027.

Le gouvernement va aussi commencer la généralisation d'un agent conversationnel utilisant l'IA auprès de un million d'agents de la Fonction publique d'Etat (sur un total de 2,6 millions), après une expérimentation auprès de 10.000 d'entre eux, a annoncé le ministère de l'Action et des comptes publics.

L'installation de cet outil, baptisé l'Assistant et alimenté par les modèles de la start-up française d'IA Mistral, devrait coûter environ 700.000 euros. Une négociation avec les syndicats doit démarrer en fin de semaine.

- "Assistant santé public"-

Cet outil pourrait ainsi aider à fluidifier la gestion de certaines procédures judiciaires ou assister les enseignants-chercheurs dans leurs appels à projets.

Le gouvernement espère notamment réduire l'usage d'outils d'IA "clandestins" qui peuvent comporter des risques pour la sécurité.

Ces annonces s'inscrivent dans le contexte d'une réorganisation du numérique de l'Etat, après une importante attaque informatique visant l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), qui a concerné les données de près de 12 millions d'utilisateurs.

Le gouvernement avait annoncé mi-mai la création à venir d'une nouvelle Autorité du numérique et de l'intelligence artificielle de l'Etat, au côté de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

Les ministères de la Justice et de l'Intérieur disposeront en outre "dès cette année" des technologies "les plus avancées" du portail GenIAl, déjà utilisé par les armées, afin de "traiter des données sensibles" ou "accélérer le traitement des visas".

En matière de santé, le site Ameli de l'Assurance maladie disposera d'un "assistant santé public" à base d'intelligence artificielle pour mieux guider les patients.

Sébastien Lecornu promet également, grâce à l'IA, un meilleur accès aux données publiques, du type démographiques, économiques, géographiques et administratives, via une nouvelle plateforme dédiée.

F.Amato--PV

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