Pallade Veneta - Dans de nombreux hôpitaux, les tickets de parking ont un goût salé

Dans de nombreux hôpitaux, les tickets de parking ont un goût salé


Dans de nombreux hôpitaux, les tickets de parking ont un goût salé
Dans de nombreux hôpitaux, les tickets de parking ont un goût salé / Photo: JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP/Archives

"35 euros sur une semaine ça fait cher": de Cambrai à Saint-Etienne, en passant par Nancy, des malades et leurs proches se désolent que les parkings des hôpitaux soient devenus payants, alors que le ministre de la Santé a promis un geste.

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Stéphanie Ricq, une Cambraisienne de 39 ans qui vient de régler son ticket, se désole: "2,70 pour une heure que je suis là...". Cette ouvrière agricole vient "faire des examens assez souvent" et aimerait "que ça soit un petit peu moins cher quand même", explique-t-elle, accompagnée de son adolescent. "Je suis maman solo, donc c'est un peu dur."

Le parking de 300 places, construit récemment pour un investissement de cinq millions d'euros, est géré par Indigo depuis 2022.

L'opérateur privé, qui a financé l'ouvrage, l'exploite dans le cadre d'un contrat sur 35 ans, précise le groupe qui gère les parkings d'une vingtaine d'hôpitaux en France.

Joël Trumeu, employé de mairie de 55 ans qui a du venir tous les jours, en a eu pour "35 euros sur une semaine, ça fait cher". Il regrette qu'il n'y ait "pas d'autre solution": aux alentours, il risque un PV.

Peu d'usagers ont suivi les déclarations du ministre Yannick Neuder qui a promis le 12 février, devant l'Assemblée nationale, d'intervenir pour faire baisser certains frais de parking.

Le ministre veut demander aux directeurs généraux de CHU réunis le 6 mars "que dans certaines conditions, sur des maladies longues, il y ait une prise en charge" de ces frais.

Sujet de crispation récurrent à travers la France, les concessions de parking hospitaliers à des opérateurs privés se sont multipliées ces dernières années, alors que les hôpitaux sous forte contrainte financière cherchent à concentrer leurs investissement sur leurs activités de soins.

À Nancy mais aussi "à Saint-Étienne, Brest, Cambrai, Le Mans, Bordeaux, Le Havre, la colère gronde", avait déclaré le député citant l'exemple d'une jeune femme "qui parcourt 200 kilomètres par jour pour voir sa mère" à l'hôpital de Nancy en soins palliatifs et "paie 300 euros par mois de parking".

- "On n'a pas d'autre solution" -

Sollicité par l'AFP, la direction du Centre hospitalier de Cambrai n'était pas disponible pour indiquer si l'hôpital bénéficie d'une partie des recettes.

Un porte-parole de la mairie explique que l'établissement a préféré "investir dans du matériel, comme un scanner" plutôt que dans la construction d'un parking.

Passé les 15 premières minutes gratuites, il faut payer 2 euros par heure. Une demi-journée peut monter à 9 euros, 11 euros pour 24 heures.

Parmi les usagers qui se succèdent à la caisse, Cécile Candelier, 33 ans, salariée dans la banque, dit comprendre la décision de l'hôpital. "Forcément, on préférait la gratuité", mais "tout devient payant, alors ça ne me gêne pas de payer un service parking."

En France, plusieurs opérateurs occupent ce marché dont Indigo, Q-Park et Vinci.

Pointé par une députée en 2023, le parking du CHRU de Nancy a depuis considérablement réduit ses tarifs, à 4,70 euros les 3 heures.

A Saint-Etienne, où la gestion du parking a été confiée cet été à Effia, filiale de Keolis qui indique gérer une vingtaine de parkings hospitaliers, même grogne.

"Les réactions de mécontentement se multiplient", indique Cyril Vidal, secrétaire général CGT du CHU stéphanois. "Les tarifs, qui étaient modérés avant le passage au privé, ont depuis beaucoup augmenté" et le temps de gratuité pour patients et visiteurs "est passé de deux heures à une demi-heure".

Guillaume Pellet, un sexagénaire orléanais qui séjourne une semaine par mois à Saint-Etienne pour rendre visite à sa mère de 99 ans à l'Unité de soins longue durée, s'est résolu à venir à l'hôpital en tramway. Il regrette que les visiteurs déclarés "ne puissent plus bénéficier d'une exonération comme auparavant".

Une situation "particulièrement honteuse", s'indigne François Berre, qui vient y rendre visite à sa mère depuis trois ans, et a lancé une pétition à ce sujet.

M.Romero--PV

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