Pallade Veneta - Des femmes affrontent leur "risque augmenté" de cancer du sein grâce à la prévention personnalisée

Des femmes affrontent leur "risque augmenté" de cancer du sein grâce à la prévention personnalisée


Des femmes affrontent leur "risque augmenté" de cancer du sein grâce à la prévention personnalisée
Des femmes affrontent leur "risque augmenté" de cancer du sein grâce à la prévention personnalisée / Photo: JOEL SAGET - AFP/Archives

Camille, Aurélie, Cécile: âgées de 30 à 52 ans, elles ont pour point commun un "risque augmenté" de développer un cancer du sein au cours de leur vie. Mais elles sont bien décidées à l'affronter, grâce à un suivi personnalisé.

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Ces trois femmes ont bravé l'air vif d'un matin de mars pour arriver dès 8h30 à l'Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, en région parisienne, où elles passeront la journée.

Au programme: des ateliers sur le cancer et la nutrition, des consultations avec un oncologue, une gynécologue, de l'activité physique avec un coach sportif... pour être mieux informées sur leur risque et repartir chez elles avec "un plan d'action pour les années à venir" et un suivi personnalisé, via une application dédiée.

Elles sont au total cinq ce jour-là, réunies par une histoire familiale émaillée de cancers du sein qui les expose à un "risque augmenté" d'en développer un dans leur vie, et le désir de prendre leur santé en main grâce à "Interception". Ce programme de prévention personnalisée des cancers que dirige l'oncologue Suzette Delaloge depuis 2021, existe aussi à Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Avignon, et bientôt à La Réunion, Suresnes et Valenciennes.

"Forcément, je me dis que j'arrive à un âge où on commence à avoir des bêtises...", dit en riant Aurélie, 49 ans, maître de chien au sein des douanes. Elle a su par le cancérologue de sa soeur jumelle qu'elle était éligible au programme.

Si le gynécologue de sa soeur "avait bien détecté une boule dans son sein, il avait minimisé pendant des mois avant de dire: +Bon allez, on va peut-être faire un examen+." Mastectomie, chimiothérapie, hormonothérapie, ménopause précoce due au traitement, reconstruction mammaire... Aurélie a vu sa soeur vivre avec "des douleurs depuis dix ans, et même encore maintenant".

Certaines informations l'ont rassurée: un événement stressant comme un deuil ne cause pas de cancer - une tumeur met des années à se développer -, les rayons de la radiographie ne sont pas problématiques. Elle a noté que boire de l'alcool est nocif pour les femmes "dès le premier verre" mais, "gourmande", a "du mal à se passer d'un bon petit verre de vin".

- "Hyper encourageant" -

L'objectif du programme - au total 2.100 personnes étaient suivies fin 2024 dans neuf parcours, dédiés aux cancers du poumon, du pancréas... - est de "diminuer la survenue des cancers graves", explique le Dr Olivier Caron, responsable de la consultation de génétique. "On se dit que peut-être 30%, 40% des cancers surviennent chez des personnes connues comme étant à risque."

"Donc on cherche à limiter les facteurs d'exposition comme le tabac, l'alcool, l'obésité et la sédentarité, et on met en place un dépistage adapté pour diagnostiquer le cancer le plus tôt possible, afin d'avoir le traitement le moins long possible et une guérison avec un minimum de séquelles", résume-t-il. "D'où la notion d'interception: attraper la tumeur dès qu'elle naît."

L'an dernier, Camille a perdu sa mère, suivie à Gustave-Roussy. A 30 ans, elle peut intégrer le programme, à la différence de sa soeur, plus jeune. Elle fera désormais des examens annuels: mammographie, échographie, et si nécessaire biopsie ou IRM.

"C'était un peu anxiogène pour moi de venir ici, parce qu'on a vécu beaucoup de choses par rapport à ma mère. Mais c'est hyper encourageant de savoir qu'on aura un suivi personnalisé", affirme-t-elle, consciente de devoir "arrêter de fumer rapidement" pour réduire son risque.

Cécile, cheffe de projet RSE de 52 ans dont la mère, la tante et la cousine ont été malades, glane des informations à partager avec sa soeur et ses trois filles, âgées de 16 à 22 ans. "Je pense que si j'ai un cancer, il sera bien guéri, ce qui n'était pas le cas il y a 30 ans", dit-elle.

Avec 105,4 cas pour 100.000 habitants en métropole, la France a la plus forte incidence de cancer du sein au monde. Détecté tôt, le cancer du sein guérit dans neuf cas sur dix.

Z.Ottaviano--PV

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